Transports et mobilité : un défi continu pour les territoires des Alpes franco-italiennes
Les transports représentent environ 31 % des émissions totales de gaz à effet de serre en France. 51 % des émissions du secteur des transport sont produites par les voitures individuelles, qui représentent encore le moyen de transport privilégié, surtout dans les zones rurales et isolées, comme il en existe dans les Alpes.
Ces émissions de GES, dont principalement du CO₂, contribuent directement au changement climatique dans des territoires déjà fortement impactés par les hausses de température. Les Alpes, surnommées les « sentinelles du climat », ont déjà connu une hausse des températures de 2°C au cours du XXe siècle.
Cependant, le secteur des transports est également responsable d'une autre catégorie d'émissions : les polluants atmosphériques, tels que les NOx et les particules fines, qui ont un impact sur l'environnement alpin, mais aussi sur la santé humaine. Les habitant·e·s des Alpes sont ainsi exposés à un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que des allergies et une fatigue accrue.
La nature transnationale des Alpes rend indispensable une coordination entre les pays et les régions voisins, notamment entre la France et l’Italie. Cependant, cette coopération est limitée par divers obstacles de différentes natures qui réduisent son efficacité, voire empêchent le développement de nouveaux projets ou initiatives transfrontaliers :
Parmi ces obstacles, on compte évidemment les barrières géographiques, la nature des Alpes constituant une limite au développement spatial.
Les obstacles sont également d'ordre économique : les projets de transport transfrontalier sont fortement limités par le manque de financements publics. Des programmes de financements européens, comme le programme Interreg ALCOTRA existent mais ne sont pas des instruments financiers capables de garantir la pérennité des moyens de transport.
Des normes techniques et administratives différentes ainsi qu'un manque de coordination constituent d'autres obstacles à la coopération.
Enfin, les priorités différentes d'un côté à l'autre de la frontière témoignent d'un manque de réflexe transfrontalier : les acteurs politiques de tous niveaux ne tiennent souvent pas compte de l'importance de la coopération transfrontalière.
Face à cette coopération limitée, diverses initiatives et projets ont été mis en place dans le domaine des transports. La Conférence des Hautes Vallées (CHAV) en est un bon exemple. À travers le projet « Se déplacer » développé dans le cadre du PITer Hautes Vallées 2030, il vise à améliorer la gouvernance des transports dans les territoires de la CHAV. Il prévoit également de financer une navette transfrontalière via le col du Mont-Cenis afin de réduire le trafic routier et de développer un réseau de covoiturage transfrontalier.
Par ailleurs, le projet ALCOTRAITE, financé par le programme Interreg ALCOTRA, travaille précisément sur l'objectif stratégique d'« amélioration de la gouvernance » de ce programme. Grâce à une approche multi-niveaux impliquant les cinq régions transfrontalières, les acteurs experts en mobilité et la société civile, le projet vise à identifier les obstacles entre la France et l’Italie et à identifier des pistes d’action pour l’avenir du secteur des transports.
Les impacts du secteur des transports, les obstacles existants et les bonnes pratiques sont davantage expliqués et approfondis dans le rapport final, disponible ici !
Ce travail a été réalisé par Giulia, stagiaire chez CIPRA France, de mars à juillet 2025.